Lettre Ouverte au Président de la Commission européenne
Monsieur le Président,
A
quelques semaines du sommet sur le climat qui se tiendra à Copenhague, je souhaite attirer votre attention sur la
nécessité d’une remise en cause de l’élevage dont les répercussions sur l’environnement sont très
préoccupantes.
En effet, vous le savez, dans son rapport « l’élevage aussi est une menace pour
l’environnement », l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)
indique que le secteur de l’élevage émet des gaz à effet de serre qui sont plus élevés que ceux produits par les
transports (toutes catégories confondues).
De son côté, la Banque mondiale a démontré que, depuis 1970, 90% de
la déforestation en Amazonie est liée aux besoins de l’industrie de la viande, accentuant d’autant les
effets du réchauffement climatique qui nous préoccupe tant aujourd’hui.
Le secteur représente, en outre,
respectivement 37 % de tout le méthane dû aux activités humaines (agissant sur le réchauffement 23 fois plus que le
CO2), en grande partie produit par le système digestif des ruminants, et 64 % de l’ammoniac qui contribue aux
pluies acides.
L’élevage est aussi responsable de l’appauvrissement des sols et de la mise en
péril
des réserves naturelles d’eau puisque la production d’un seul kilo de b½uf nécessite 323 m² de
pâturages, 7 à 16 kilos de grains ou fèves de soja et jusqu’à 15 500 litres d’eau !
Le secteur de
l’élevage a donc une incidence directe sur le réchauffement climatique, la pollution des sols, des nappes
phréatiques, et représente un terrible gaspillage puisque près d’un tiers des céréales produites mondialement
est
destiné à nourrir les animaux pour la production de viande.
Si les pays « développés » diminuaient leur
consommation de viande, il serait possible de limiter la famine qui tue près de six millions d’enfants chaque
année.
Monsieur le Président, face à cette vérité implacable, et quelque peu effrayante, notre devoir
collectif
est d’agir, à tous les niveaux, y compris par la promotion d’un régime végétarien.
Instaurer une «
journée végétarienne » européenne serait un symbole fort. Malheureusement, la « journée végétarienne mondiale » du 1er
octobre n'est toujours pas, officiellement, reconnue en Europe. Il serait donc tout à fait positif de la promouvoir au
sein des Etats membres de l’UE en accompagnant cette initiative d’une sensibilisation du consommateur sur
l’impact de l’élevage sur l’environnement.
Le végétarisme est une démarche citoyenne et
responsable, refuser la consommation de viande est aussi le meilleur moyen de protester contre l’inhumanité et
la
barbarie partout présentes dans les élevages, durant les transports ou lors de l’abattage des milliards
d’animaux sacrifiés et consommés chaque année.
Monsieur le Président, je vous remercie de prendre en
compte nos préoccupations et d’en débattre lors du prochain sommet sur le climat et, dans cette attente, vous
assure de toute ma considération.
Brigitte Bardot
Présidente
Fondation Brigitte Bardot
28
rue Vineuse
75116 Paris
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