European Vegetarian Union

Végétarisme - Un problème pour la santé ?

- De EVU News, numéro 3 /1998 -

Les leaders religieux, les prophètes et les philosophes ont depuis longtemps réprouvé haut et fort la consommation des animaux. Toutes les religions, philosophies, et courants de pensée ont dit depuis longtemps, depuis des siècles, que la consommation de viande est nuisible pour la santé de l 'homme et affaiblit son développement mental et spirituel. Ils clament tous que les animaux sont les frères de l'homme et que la raison de leur existence n'est pas pour la convenance de l'homme et sa nourriture. Le règne animal a ses propres buts de développements que les hommes avec notre connaissance et nos capacités de réflexion devraient aider à atteindre.

Mais à chaque fois que les prophètes qui avaient transmis cette sagesse de base disparaissaient ces messages étaient dédaignés et leur sens déformé à cause d'une incompréhension ou d'égoïsme ou de cupidité. Ce type de déformation est facilement décelable dans l'ère chrétienne, comme toutes les religions, cherchant de nouveaux croyants, essayent aussi de les convaincre par la voie de la nourriture, aspect vital de la vie humaine. A cause de l'égoïsme, du désir de confort, du sentiment de supériorité et l'hédonisme de l'homme le sens originel de ces messages n'est pas toujours transmis. Mais il est laissé à chacun individuellement de se décider en faveur ou contre les lois de la vie. Quoi qu'une personne décide de faire, elle seule doit supporter les conséquences de sa décision.

On pourrait penser que les déclarations sur la nutrition dans les textes religieux aussi bien que les conséquences sur la santé de ne pas adhérer à ces règles auraient pu être : nourriture pour l'esprit. Pourtant, cela ne semble pas avoir été le cas. Le petit nombre de vrais végétariens et l'énorme quantité de maladies dans nos pays dues à la "civilisation" montrent que ce type d'exhortations n'a pas été très efficace

On doit aussi en rechercher les raisons dans l'information incomplète et source unique que le public a reçu sur les liens entre l'alimentation et les maladies dont la communauté scientifique a pourtant bien conscience. Une autre raison pourrait être que les concepts de métabolisme, qui en réalité sont seulement des hypothèses, sont souvent présentés comme paroles d'évangile. Ces découvertes ne sont malgré tout que le reflet de l'état actuel de la science, qui n'est pas encore adéquate. Un hypothèse serait démontrée fausse, cela est célébré comme un progrès scientifique sans considérations sur le fait que la nouvelle hypothèse, comme la précédente pourrait se révéler fausse tout autant. Et pourtant des théories non prouvées et souvent contradictoires sont acceptées comme toutes les questions non répondues actuellement ainsi que les coopérations étroites entre les groupes d'intérêt et les affaires déterminant ce qui est publié, leurs présentations et propagande.

Alimentation, Santé et Performances

Par nature nous avons besoin de manger et boire tous les jours pour nourrir notre corps avec l'énergie nécessaire à l'entretien des ses fonctions vitales et de ses performances. Donc, nous ne vivons pas pour satisfaire nos goûts culinaires mais en fait, la nourriture est là pour nous maintenir en bonne santé et nous permettre de faire face aux nécessités physiques et mentales dans la vie de tous les jours. Par conséquent toute sorte de régime ne remplissant pas ces buts est erroné.

Ce lien directe entre alimentation, santé et performances nous a toujours été connu et a souvent été décrit. Par contre les produits dérivés animaux ne sont pas considérés comme cause de maladies depuis très longtemps. Ce n'est que récemment, sous la pression de la baisse générale des standards de santé et une montée continuelle du coût des soins, que la recherche s'est focalisée sur ce sujet. En dépit des progrès réalisés les déclarations des experts en nutrition (souvent contradictoires) concernant le rôle que la viande, les graisses animales, les hydrates de carbone, les graines, les légumes et les aliments crus jouent dans les maladies de "civilisation" toujours en augmentation pourrait plutôt être décrites comme étranges. Depuis longtemps les recherches sur la nutrition ont été principalement menées par l'industrie alimentaire dans le but de présenter des produits, fabriqués techniquement, conçus chimiquement, colorés, modifiés génétiquement, aromatisés, irradiés avec la même valeur nutritionnelle que les aliments naturels. Ainsi donc, la motivation des recherches a été en général une présentation promotionnelle des produits et nos lois l'encourage largement. Tant qu'ils recherchent vraiment cela toutes les informations présentées dans les publicités doivent êtres correctes, ne pas contenir des clauses que tous devraient connaître ni signaler des possibles effets contraires. Ainsi l'industrie peut employer des slogans tel que :" "Fleisch ist ein Stück Lebenskraft !" (La viande c'est de la vitalité !) qui est essentiellement vrai, mais ... seulement pour l'animal duquel elle a été prise.

La consommation de viande...

La consommation de viande n'a pas seulement des effets contraire pour la santé mais affecte aussi grandement le climat, la végétation, l'agriculture et le Tiers-Monde Il a 100 ans notre régime de base était composé de graines, légumes, salades, pommes de terre, fruits et produits laitiers. Avec l'augmentation de niveau de vie ce régime a été remplacé de façon croissante par de la viande, du poisson, de la volaille, des graisses animales, et de la nourriture stérilisée, préparée, en conserve pauvre en substances vitales. Aujourd'hui les occidentaux consomment environ 35% de plus de produits laitiers, 52% de bœuf, 84% de poisson, 190% d'œufs et 280% de volaille qu'en 1900. Une surface toujours plus importante de terre arable est utilisée pour l'élevage d'animaux de ferme, nous avons atteint 65% de la surface de terre agricole utilisée. Les animaux engraissé pour la boucherie consomme la moitié du grain produit mondialement et 90% des récoltes de soja. Leurs excréments entraînent une pollution croissante des eaux des nappes phréatiques et à cause des rejets de méthane contribuent à l'élargissement du trou de la couche d'ozone. Ce n'est pas très connu mais à côté du méthane, une simple vache produit autant de monoxyde de carbone qu'une voiture en marche. L'élevage industriel est aussi responsable en partie de la pollution de l'air entraînant des maladies pulmonaires et des organes respiratoires supérieurs et aussi l'accroissement des cas d'allergie. Les animaux d'élevages industriel aux USA et en Europe réunis produisent à eux seul 110 000 kg/seconde (!) d'excréments qui ne peuvent être traités à cause de la quantité gigantesque. Selon l'animal jusqu'à 17 kg de grain sont nécessaires pour produire un seul kilogramme de viande. Durant cette transformation plus de 90% de protéines végétales, 92% d'hydrates de carbone et 100% de fibres sont perdus. Rien qu'aux USA plus d'animaux sont tués chaque année que toute la population humaine du monde. Si la consommation de viande était simplement réduite de 10%, plus d'un milliard de personnes pourraient être nourries, avec un régime végétarien, seulement avec le grain qui pourrait être cultivé dans ces surfaces. Mais actuellement 38 000 enfants meurent de malnutrition chaque année et en 1991 20 000 000 personnes sont mortes de faim. Ces données ont été publiées par la plus grande association environnementale du monde, la "Earth Save Foundation" à New York.

Augmentation significative des maladies

Des millions de tonnes de pesticides, vermicides, fongicides et insecticides sont utilisés annuellement afin de produire la terrible quantité de nourriture consommée par les animaux destinés aux abattoirs. Ces poisons environnementaux contribuent à la pollution de notre eau de consommation et seraient suffisant eux-mêmes pour tuer la population mondiale toute entière par empoisonnement. Durant les 100 dernières années, c'est à dire durant ce décalage décrit plus haut vers les protéines animales, le nombre de maladies cardio-vasculaires fatales a augmenté de 4 à 5 % par an et compte aujourd'hui pour les 2/3 des décès dans les pays occidentaux. Aussi les cancers, maladies rhumatismales, l'asthme, les bronchites, l'arthrite et les allergies, entre autres, ont augmentées de façon significative. Le cancer est la cause la plus commune de décès chez les enfants de moins de 12 ans.

"L'homme moderne ne s'expérimente pas lui-même comme partie de la nature mais comme une force extérieure destinée à la conquérir et la dominer; Il parle même d'un combat contre elle, oubliant que si jamais il gagnait cette bataille il se retrouverait lui-même du côté des perdants".

E.F. Schumacher, économiste

Rien qu'entre 1975 et 1985, selon les statistiques de la Fédération Allemande des Assurances Santé, le nombre de patients atteint de maladies cardio-vasculaires a augmenté de 41 %, dont ceux avec tumeur de 80 %, le nombre de personnes admises à l'hôpital a augmenté de 114 % et les cas de maladies liées à la grossesse, la naissance et la roséole d'un bond de 228 %.

Je n'affirme pas que cela est du uniquement à la consommation de viande. Malgré tout, les statistiques montrent que les végétariens sont moins affectés par ces accroissements du nombre de cas. En dépit de cela le public est constamment "informé" que les végétariens sont maladifs, chétifs, souffrent de malnutrition et de déficience en vitamines. Ce type de propagande est manifestement orienté pour écarter l'attention des raisons réelles de la constante baisse de la santé générale.

Etudes médicales

De façon à obtenir des données fiables , des études médicales à grande échelle sur le végétarisme ont été menées. Par exemple en Allemagne, pour la citer mais non la seule, des études ont été menées par l'université de Giesen, le Centre de Recherche du Cancer et par l'administration de santé de Berlin. Nous avons aussi les résultats de l'étude californienne sur les Mormons, menée sur plus de 10 000 personnes végétariennes toute leur vie, de l'étude norvégienne avec 1232 hommes, la très large étude américaine sur l'état de santé de 13 344 hommes et femmes, l'étude d'Oslo sur les rhumatismes, et les résultats évidents de l'étude végétarienne chinoise menée par l'université Cornwell (USA) sur plus de 8000 hommes et femmes.

Toutes ces études ont prouvé, pour la plupart, la moyenne supérieure de santé et d'expectative de vie des végétariens et leurs plus faibles risques de maladies. L'étude d'Oslo sur les rhumatismes a aussi montré qu'un régime végétarien peut être appliqué avec succès comme thérapie et ne conduit pas seulement à une amélioration subjective mais à une amélioration fonctionnelle objective des maladies articulaires. Dans l'étude végétarienne chinoise les conditions dans lesquelles vivaient les gens étaient d'une grande importance et ont été prises en compte.

Plus de 90 % de ces personnes vivent et meurent dans leur région de naissance. Il mangent presque exclusivement des aliments non traités, cultivés localement, ils boivent la même eau, vivent et travaillent dans les mêmes conditions toute leur vie. Ils voyagent rarement et en raison de leur faible mobilité sont un groupe de personnes très homogène, génétiquement parlant. Leur façon de vivre, en contraste à celle des personnes du monde occidental, reste basiquement la même du berceau à la tombe. Chacune des études que j'ai mentionné en arrive à la conclusion que les végétariens ont, et de loin, le poids le plus idéal, la meilleure pression sanguine, les meilleurs résultats d'analyses sanguines et sont moins maladifs que les omnivores. Malgré leur expectative de vie beaucoup plus élevée la fréquence des cancers chez les végétariens était de façon significative moindre que la moyenne et le taux de survie en cas de cancer était même amélioré si un régime végétarien était adopté après le diagnostique du cancer.

Aucune maladies de déficience n'ont été diagnostiquées et le nombre de maladies infectieuses était inférieur de 25 % à la valeur moyenne. Sans exception les valeurs d'analyse sanguine étaient normales et les niveaux de fer sérique et d'acide urique étaient comprises dans la fourchette des valeurs normales. Les taux de cholestérol et de triglycéride, entraînant des risques de maladies cardiaques, étaient, pour 80 % des personnes étudiées, dans les plus petites valeurs des valeurs normales et inférieurs chez les vegans.

Vitamine B-12

Le reproche toujours avancé , mais non prouvé, que les végétariens ont un déficit en vitamine B12 a conduit les auteurs à concentrer leur attention sur ce sujet. Ceux qui proclament ce danger, disent qu'il n'y a pas de vitamine B12 dans les plantes et que le corps humain ne peut produire cette vitamine et qu'il faut donc l'absorber à travers les protéines animales.

Ces reproches ont été réfuté depuis que les taux de B12 chez les végétariens et végétaliens testés se sont révélés normaux. Cela signifie que le corps humain doit être capable de produire cette vitamine, probablement dans la région de l'entéron et aussi la vitamine B12 consommée à travers les micro-organismes et les bactéries du sol paraît suffisante à prévenir un déficience de cette vitamine chez les végétariens.

Femmes végétariennes

En plus de la théorie que les protéines et les graisses animales sont partiellement responsables du nombre important de maladies cardiaques, les protéines créent les conditions d'où peuvent résulter les formes communes de cancer, diabètes, ostéoporose et beaucoup de maladies du métabolisme. Plus la part de nourriture animale dans l'alimentation était importante, plus souvent ces maladies "supplémentaires" étaient diagnostiquées. Le lien statistique entre le cancer du poumon et la consommation de viande a aussi été établi. Les femmes végétariennes ont un taux significativement plus bas de cancer du poumon que les omnivores. Ce fait bien connu est aussi mentionné en corrélation avec celui que les filles végétariennes atteignent la puberté 2 ou 3 ans plus tard que les autres filles en moyenne.

Les végétariennes ont été aussi mentionnées pour un risque moins important et un taux inférieur d'ostéoporose post-ménopausale. Les chinoises végétariennes testées consommaient environ 1/3 du calcium consommé par les européennes mais dans leur cas le calcium provient des végétaux au lieu des produits laitiers comme c'est souvent le cas dans les pays occidentaux. L'ostéoporose telle que nous la connaissons est virtuellement inconnue dans cette région et aucune des femmes testées ne souffrait de cette maladie ! Le résultat de ces études pourrait être résumé dans cette phrase du Professeur Colin T. Campbell, qui dirigea les recherches de l'étude végétarienne chinoise :"les régimes contenant des protéines et graisses animales nous rendent tous bien plus malades que nous voulons bien l'admettre." Suicide avec un couteau et une fourchette ! En considérant que plus de 70 % des maladies mortelles sont causées par des facteurs alimentaires, l'argument qu'il est possible de se suicider avec un couteau et une fourchette ne devrait pas porter à rire. Mais cela est une affaire personnelle et nul ne peut décider pour autrui. Mais de bonnes et claires informations peuvent rendre ce choix plus facile. Un proverbe chinois dit que les premiers pas d'un long voyage sont les plus durs.... Dans tous les cas l'aspect religieux sur la relation entre l'homme et l'animal tel que conçus par notre créateur devrait être aussi pris en considération. L'impitoyable perversion du "profit de la faim" peut être vu dans les images horribles des transports d'animaux entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique. Ce type de mentalité d'exploitation irresponsable a non seulement été rendu légale mais est aussi subventionnée par nos impôts et justifiée par les églises en se servant de citations de la bible. Changer notre façon de penser "Végétarisme" nous montre une voie pour un style de vie meilleur pour la santé, pour des nécessaires réalisations spirituelles, pour l'amélioration de la santé générale de la population, pour la réduction des coûts des soins et pour éviter la mort de famine de millions de gens maintenant et pour le futur. En addition le végétarisme nous conduit vers la protection des êtres, nos compagnons, plus nécessaire maintenant que jamais depuis que le rôle du royaume animal sur le plan de la création n'est pas que les animaux soient le sujet d'aucune sorte d'exploitation ou de servir de nourriture aux humains. La réponse ne peut se trouver que dans les voeux et désirs de chaque individu. L'environnement dans lequel nous vivons avec nos créatures amies est un produit de notre façon de penser et donc notre façon de vivre. .

Dr Hartinger est un chirurgien spécialisé et président de l'association des Médecins contre l'Expérimentation Animale. Le Dr Hartinger a publié plusieurs livres :
"Das Tierexperiment in der Humanmedizin" (L'expérimentation animale dans la médecine humaine);
"Christentum und Tierschutz Das vergessene Evangelium" (Christianisme et protection animale... l'Evangile oublié);
"Christentum und Tierschutz Das vergessene Evangelium" (Les animaux dans la Thora, la Tenach et le Talmud);
"Die Mauer des Schweigens" (Le mur du silence);
"Seelenrätsel" (Mystère de l'âme);
"Der Tierversuch zwischen Wissenschaft und Wirklichkeit" (Expérimentation animale entre science et réalité);
"Geschwister der Evolution" (Les frères et soeurs de l'évolution).

Contact:
Dr. Werner Hartinger
Im Klingnauer 30
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Allemagne
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Fax: +49 7741 621 01

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Dr. Werner Hartinger
Traduction française de Doug J Duea (USA)   et G. Chatras

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